Un accord à deux visages

lundi 26 mars 2012
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Il n’est pas simple, pour un syndicat responsable de prendre une décision qui engage les intérêts des salariés.

Au regard des négociations et de l’accord qui nous est proposé, la CFDT, syndicat majoritaire à Chronopost, prend ses responsabilités en prenant en compte le contexte social et économique. La crise actuelle touche cruellement le pouvoir d’achat des Chronopostiers. Dès lors, s’engager dans un mouvement de « peut-être » plusieurs jours sans certitudes de gagner la bataille, nous enverrait dans une impasse. Par expérience, construire un rapport de force à Chronopost n’est pas une simple sinécure, et les derniers mouvements en sont un exemple.

Pour autant, l’accord mis sur la table, mi-figue mi-raisin, a tout de même le mérite d’être à l’équivalence des accords proposés dans beaucoup d’entreprises du groupe La Poste, du secteur du transport et de manière plus large, par rapport aux entreprises en général. Certes, les augmentations salariales se situent seulement à 2,5 % pour les bas salaires et moins pour les autres, insuffisant face à un coà »t de la vie qui ne cesse d’augmenter. Mais avoir la possibilité pour un grand nombre de Chronopostiers d’accéder comme leur collègue au bénéfice des ARTT (10 jours) devient une réalité, une revendication CFDT martelée depuis 2008.

Et le dernier élément, la volonté par l’entreprise de renégocier les primes trimestrielles, éléments incontournables du maintien du pouvoir d’achat dans ce contexte difficile, est, là encore, une revendication CFDT.

Face à l’analyse de ces éléments, les membres de l’équipe CFDT ont longuement échangé sur le sujet et ont sondé les salariés pour prendre la meilleure décision. Ils ont fait le choix de la signature, forts des positions des salariés et de l’assurance qu’ils ont d’arriver à une évolution des primes trimestrielles dans le cadre des réunions prévues, ainsi que la garantie des jours d’ARTT sur une période de cinq années minimum.

Pour faire taire toute polémique inutile sur un accord, minimaliste ou pas, d’une signature ou pas, la CFDT fait le choix de signer l’accord. A charge pour les autres organisations syndicales soit d’emboîter le pas de la CFDT, soit de jouer leur rà´le d’opposition si cet accord semblait si mauvais et de le dénoncer.

- La direction n’a pas fait l’effort nécessaire pour dépasser les 2,5 %. La CFDT voulait des augmentations calculées sur quatre tranches de salaires comprises entre 1 396 et 3 500 euros bruts. Ceci afin d’en faire bénéficier les Ouvriers, Employés, Maîtrises et même certains Cadres à bas revenus.

- L’augmentation la plus importante concerne les bas revenus, ce qui est une justice sociale. Mais les mesures prises pour les autres sont décevantes puisque en dessous de l’inflation (2,5 %).

- Le mérite entraînant régulièrement un malaise d’injustice, la CFDT s’y opposait. L’effort principal devant être réalisé sur l’augmentation générale jusqu’à 3 500 euros. La direction maintien le mérite pour les Maîtrises/
Cadres pourtant aussi impactés par la crise. La CFDT continuera ses efforts dans le futur pour faire diminuer au maximum, voire supprimer totalement le mérite pour cette population.

- La CFDT a obtenu, et c’est historique, une augmentation générale pour un certain nombre de cadres.
Une réelle avancée partiellement obscurcie par le nombre concerné (une trentaine).

- L’effort sur les minima est trop bas et ne répond pas au problème des classifications. La CFDT n’accepte pas cette situation et continuera à travailler afin d’avancer sur le sujet.

- L’augmentation générale et celle des minima ne sont pas cumulables. Les salariés ayant plus d’un an d’ancienneté au 1er janvier 2002 bénéficieront de l’AG. Les autres de l’augmentation des barèmes.

L’accord étant un tout et indivisible, l’équipe CFDT décide de signer pour trois raisons principales :

1. Même s’il apparaît que la direction aurait pu et aurait dà » aller plus loin dans les augmentations (elle en avait les moyens), l’accord doit être signé pour que les salariés puissent bénéficier des mesures. Les montants se situent dans la moyenne des augmentations dans l’industrie française. Pour autant, la CFDT donne rendez vous à la direction en 2013 et ce, face aux futurs résultats financiers envisagés.

2. Le rétablissement des jours ARTT pour les salariés à temps complet, embauchés depuis le 23 mai 2008 (injustice créée par FO). La direction avait déjà annoncé en janvier ce rétablissement. Elle a décidé de mettre cette disposition dans cet accord. La CFDT a obtenu la garantie du maintien des jours d’ARTT et interdit toutes nouvelles négociations pour les cinq prochaines années.

3. La certitude d’une négociation permettant l’augmentation des primes trimestrielles des Ouvriers/Employés et de l’ensemble des Agents de Maîtrise (Exploitation et Services Clients). Cette négociation se déroulera de mai à juin 2012. La CFDT, première organisation syndicale, portera ce projet en étant convaincue d’obtenir satisfaction. Les salariés en seront bénéficiaires.

C’est l’engagement de la CFDT. Seuls les signataires auront la capacité de négocier le sujet avec la direction.

La CFDT, en signant, prend ses responsabilités et continue son engagement.


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